Les types de correction d'un livre : fond, style et épreuves
Il existe trois types de correction d'un livre : la correction éditoriale, qui vérifie si l'histoire fonctionne ; la correction de style, qui vérifie si les phrases fonctionnent ; et la correction d'épreuves, qui attrape les dernières fautes avant l'impression. Ce sont trois métiers différents, faits en général par des personnes différentes et dans un ordre fixe. Comprendre la différence fait économiser de l'argent : on ne paie pas pour un travail inutile, et on n'arrive pas à l'impression avec un trou que personne n'a vérifié.
Et si vous envisagez une traduction, la différence compte deux fois. Un livre traduit a besoin de refaire une partie de ces corrections, pas de toutes.
Ce que fait l'éditeur littéraire
L'éditeur littéraire lit le livre comme un lecteur, mais un crayon à la main. Il pose de grandes questions. Le début accroche-t-il ? Le milieu traîne-t-il ? Le personnage principal veut-il quelque chose, et comprend-on quoi ? La fin est-elle méritée ?
Ses réponses ressemblent à une longue lettre plutôt qu'à des corrections dans la marge. « Les chapitres 4 et 5 disent la même chose, on peut les fusionner. » « La sœur disparaît au milieu du livre et ne revient jamais. » « Le lecteur découvre le secret trop tôt. »
C'est la correction la plus coûteuse en temps, car elle peut vous renvoyer réécrire des chapitres entiers. Pour les essais et documents, on parle parfois de correction de fond, et les questions sont proches : l'argument est-il bien construit, les chapitres sont-ils dans le bon ordre, que manque-t-il ?
Ce que fait le correcteur de style
Le correcteur de style travaille au niveau de la phrase. Il ne se demande pas si le chapitre doit être là. Il se demande si chaque phrase du chapitre dit ce qu'elle doit dire, de la façon la plus claire possible.
Il signalera une phrase de quatre lignes et proposera de la couper. Il remarquera que le même mot revient trois fois dans un paragraphe. Il corrigera une expression qui ne sonne pas naturelle, harmonisera l'orthographe des noms, et vérifiera que le personnage qui s'appelle « Dana » au chapitre un ne devient pas « Dani » au chapitre neuf.
C'est aussi là que votre voix est préservée. Un bon correcteur de style ne réécrit pas le livre dans son style à lui. Il affine le vôtre.
Ce que fait le correcteur d'épreuves
Le correcteur d'épreuves est le dernier lecteur. Il reçoit le livre quand il est presque bouclé, et il cherche ce que tout le monde a laissé passer : une faute d'orthographe, un point manquant, un mot apparu deux fois, des guillemets ouverts et jamais fermés.
Il n'est pas censé changer la formulation ni proposer des idées. S'il trouve un gros problème, il le signale, mais son travail consiste à attraper des fautes, pas à améliorer.
Dans un livre imprimé, le correcteur d'épreuves vérifie parfois aussi la mise en page elle-même : une ligne restée seule en haut d'une page, la numérotation des pages, des titres qui ont sauté.
Dans quel ordre faire les types de correction d'un livre
L'ordre compte, car chaque étape change ce qui vient après. Si l'on corrige les épreuves avant que la structure soit arrêtée, et que l'éditeur littéraire demande ensuite de réécrire trois chapitres, la correction de ces trois chapitres est bonne à jeter.
La règle est simple : du plus grand au plus petit. D'abord l'histoire, ensuite les phrases, et à la fin les lettres.
| Type de correction | Ce qu'elle vérifie | Quand |
|---|---|---|
| Correction éditoriale | Structure, rythme, personnages, ce qui manque | En premier, sur un brouillon complet |
| Correction de style | Formulation, clarté, répétitions, cohérence | Une fois la structure arrêtée |
| Correction d'épreuves | Orthographe, ponctuation, dernières fautes | Juste avant l'impression ou la mise en ligne |
Ce dont un livre traduit a besoin
C'est là que ça devient intéressant. Si le livre a déjà eu une correction éditoriale dans la langue d'origine, il n'y a aucune raison de la refaire. L'histoire, les personnages et la structure ne changent pas avec la traduction.
Mais les phrases, elles, changent complètement. Chaque phrase de la version traduite est une phrase nouvelle qu'aucun correcteur n'a encore vue. Un livre traduit a donc besoin d'une lecture par quelqu'un qui écrit bien dans la nouvelle langue, puis, à la fin, d'une correction d'épreuves dans cette langue.
Parfois, cette lecture est faite par un locuteur natif, parfois par un correcteur professionnel. Nous avons expliqué la différence dans faut-il un locuteur natif pour relire la traduction.
Alors, sur quoi ne pas faire l'impasse
Si le budget est serré, l'ordre de ce qu'il faut garder est l'inverse de l'ordre du travail. La correction d'épreuves est la dernière chose à sacrifier, car les fautes d'orthographe sont la première chose que voit un lecteur, et c'est sur elles qu'il juge tout le livre.
La correction de style vient ensuite. Et la correction éditoriale est le gros investissement, qui vaut surtout la peine pour un premier livre ou pour un livre dont vous n'êtes pas sûr de la structure.
Et si vous voulez comprendre comment la correction s'articule avec les différentes méthodes de traduction, nous avons un petit glossaire des méthodes de traduction.
Questions fréquemment posées
Quelle est la différence entre la correction éditoriale et la correction de style ?
La correction éditoriale porte sur l'histoire elle-même : la structure, le rythme, les personnages, ce qui manque et ce qui est en trop. La correction de style porte sur les phrases : formulation, clarté, répétitions, grammaire et style. La première demande si le livre fonctionne, la seconde si chaque phrase dit ce qu'elle doit dire.
Qu'est-ce que la correction d'épreuves ?
La dernière vérification avant l'impression. Le correcteur cherche les fautes d'orthographe, les signes de ponctuation manquants, les mots en double et les problèmes de mise en page. Il ne réécrit pas les phrases et n'intervient pas dans l'histoire.
Dans quel ordre faire les corrections ?
Du plus grand au plus petit : d'abord la correction éditoriale, ensuite la correction de style, et enfin la correction d'épreuves. Si l'on corrige les épreuves avant que la structure soit arrêtée, chaque chapitre réécrit devra être corrigé à nouveau.
Un livre traduit doit-il être corrigé de nouveau ?
Il n'a pas besoin d'une nouvelle correction éditoriale si l'original a déjà été travaillé, car l'histoire ne change pas. Il a en revanche besoin d'une correction de style et d'une correction d'épreuves dans la nouvelle langue, car les phrases sont nouvelles et personne ne les a encore vérifiées.