Faut-il un éditeur étranger pour paraître dans une autre langue ?
Non, ce n'est pas nécessaire. Vous pouvez faire paraître un livre dans une autre langue entièrement seul, et vous pouvez aussi vendre les droits à un éditeur local qui s'en chargera. Les deux voies sont réelles, et elles diffèrent sur presque tout : qui paie, qui décide, et combien de temps cela prend.
La bonne question n'est pas laquelle est la meilleure, mais laquelle vous est ouverte aujourd'hui.
Ce que fait réellement un éditeur étranger
Un éditeur d'un autre pays vous achète une licence pour publier le livre dans sa langue. Il paie la traduction, fait concevoir une nouvelle couverture, imprime, distribue en librairie et cherche à obtenir des critiques.
En échange, il prend l'essentiel des recettes et vous touchez un pourcentage. Il y a parfois une avance au départ.
Ce que vous achetez dans cet accord n'est pas d'abord de l'argent : c'est une présence locale. Une librairie berlinoise ne commandera pas le livre d'un auteur qu'elle ne connaît pas, mais elle commandera celui d'une maison avec laquelle elle travaille depuis vingt ans.
Pourquoi cette voie n'est pas ouverte à tous
Parce qu'un éditeur étranger doit entendre parler de vous.
Concrètement, il arrive à un livre de trois façons : un agent littéraire qui vous représente et le propose, une foire du livre où se négocient les droits, ou un succès marquant dans la langue d'origine qui est venu à ses oreilles.
Sans agent, sans ventes hors normes dans la langue d'écriture, et sans personne pour présenter le livre dans les foires, cette voie ne s'ouvrira pas d'elle-même. Ce n'est pas un jugement sur le livre. C'est le fonctionnement de ce monde-là.
Ce qu'implique la seconde voie
Sur la voie indépendante, vous payez la traduction, décidez de la couverture et du prix, et publiez vous-même dans les boutiques en ligne.
L'avantage est clair : personne n'a à valider, et les recettes sont entièrement à vous. Vous gardez aussi les droits, et pourrez les vendre plus tard si le livre décolle.
L'inconvénient l'est tout autant : aucune présence en librairie physique dans ce pays, personne pour parler à la presse locale, et tout le marketing repose sur vous. Un bon livre dans une langue nouvelle que personne ne connaît est un livre que les lecteurs ne trouveront pas seuls.
Comment choisir entre les deux
Posez-vous trois questions.
Quelqu'un a-t-il une raison de vouloir précisément ce livre dans ce pays ? Un livre sur un sujet très local intéresse rarement un éditeur étranger ; un livre dans un genre populaire l'intéresse davantage.
De combien de temps disposez-vous ? Vendre des droits prend des mois, voire des années, entre la recherche, la négociation et le calendrier de l'éditeur. La voie indépendante avance à votre rythme.
Et qu'êtes-vous prêt à gérer ? Sur la voie indépendante, l'éditeur, c'est vous, avec tout ce que cela suppose.
Ce qui vaut la peine dans les deux cas
Avant toute décision, vérifiez que les droits vous appartiennent bien et que vous êtes libre de publier le livre dans une autre langue. Si vous avez signé un contrat par le passé, la réponse y figure. Nous l'avons développé dans à qui appartiennent les droits de traduction.
Et vérifiez qu'il existe des lecteurs pour votre livre dans la langue envisagée avant d'y investir. Nous avons traité ce choix dans vers quelle langue traduire, et le reste des questions est réuni dans nos questions fréquentes.
Questions fréquemment posées
Peut-on publier dans une autre langue sans éditeur ?
Oui. Vous pouvez financer vous-même la traduction et publier vous-même dans les boutiques en ligne. Cela suppose de payer la traduction et de mener le marketing, mais personne n'a à vous donner son accord.
Qu'apporte un éditeur étranger qu'on ne peut pas acheter ?
Surtout une présence locale : librairies physiques, critiques dans la presse du pays, libraires qui recommandent, et parfois une avance. Cela repose sur des relations, pas seulement sur de l'argent.
Comment un éditeur étranger entend-il parler de mon livre ?
En général par un agent, lors de foires du livre, ou après un succès du livre dans sa langue d'origine. Un éditeur étranger achète des droits sur des livres qui ont déjà prouvé quelque chose.
Que vaut-il mieux quand on débute ?
Pour la plupart des auteurs, la voie indépendante est la voie réaliste, car l'autre dépend du oui de quelqu'un d'autre. On peut aussi commencer seul et vendre des droits plus tard si le livre marche.